Politique

Burundi : l’ancien président Pierre Buyoya est mort

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NÉCROLOGIE. Hospitalisé il y a une semaine au Mali, l’état de santé de l’ex-président burundais s’est dégradé avant son transfert vers Paris. Il avait 71 ans.

Il y a tout juste une semaine, on apprenait l’hospitalisation de l’ancien président du Burundi dans un hôpital de Bamako, au Mali, où il résidait. Pierre Buyoya qui dirigea son pays entre 1987-1993 et 1996-2003 est décédé à Paris à l’âge de 71 ans du Covid-19, a-t-on appris vendredi auprès de plusieurs de ses proches. « Le président Pierre Buyoya est mort cette nuit à Paris. Il avait le Covid-19 », a déclaré à l’Agence France-Presse un membre de sa famille qui a requis l’anonymat.

La rumeur circulait depuis ce vendredi matin dans les médias burundais. En milieu de matinée, plusieurs autres proches ont confirmé le décès de celui qui a également occupé le poste de haut-représentant de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel de 2012 à fin novembre 2020. M. Buyoya « avait été hospitalisé mercredi de la semaine passée (9 décembre, NDLR) dans un hôpital de Bamako où il avait été placé sous respirateur », a précisé à l’AFP le membre de sa famille. « Il a été évacué sur Paris hier », jeudi en début d’après-midi, « son avion a fait une escale et est arrivé en France dans la nuit. Il est décédé dans une ambulance qui l’amenait dans un hôpital parisien pour des soins », a précisé cette source.

Pierre Buyoya est l’un des rares chefs d’État africains à s’être retiré volontairement de la vie politique à deux reprises.

Pierre Buyoya, un homme d’expérience

Militaire de carrière, Pierre Buyoya, Tutsi issu d’un milieu modeste, a d’abord fait sa carrière dans l’armée avant de devenir président à la suite d’un coup d’État contre Jean-Baptiste Bagaza, lui aussi un Tutsi, sur fond de grogne dans l’armée.

Pendant son premier mandat, il s’emploie à ouvrir l’espace démocratique au Burundi, un processus qui débouche en 1993 sur l’élection à la tête du pays de Melchior Ndadaye, premier président démocratiquement élu du Burundi et premier Hutu à accéder au pouvoir. Les Hutus représentent environ 85 % de la population du Burundi.

Il revient au pouvoir en 1996, encore à la faveur d’un coup d’État, et alors que le Burundi est plongé dans une guerre civile meurtrière. Il signera en 2000 les accords d’Arusha, qui visent à mettre un terme à la guerre civile (300 000 morts entre 1993 et 2006), et quitte le pouvoir en 2003 conformément à ces accords.

En octobre 2020, après avoir occupé de nombreuses fonctions honorifiques dans son pays comme à l’extérieur en tant qu’observateur électoral ou médiateur au service de plusieurs organisations internationales (UA, OIF, Ceeac), Pierre Buyoya avait été condamné à la prison à perpétuité par le Burundi pour l’assassinat en 1993 de son prédécesseur Melchior Ndadaye. L’ex-président avait dénoncé « un procès politique mené de manière scandaleuse » et avait démissionné fin novembre de son rôle d’envoyé spécial de l’UA pour « laver (son) honneur ». « Il est difficile d’être chef d’État, bien sûr. Mais il est aussi difficile d’être ancien chef d’État » déclarait-il dans les colonnes du magazine Jeune Afrique en 2006.

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