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In memoriam : Ibrahim Bocar Ba : Tu es tombé au champ d’honneur

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Tcho Kalahaldi! Kalahaldi en peul c’est le taureau géniteur dont la taille et la bosse dominent le troupeau. C’est par ces termes qu’Ibrahim Bocar Ba accueillait ses visiteurs.

Il exprimait ainsi l’affection, l’admiration, lui qui ne levait jamais la voix, lui qui fut tout de douceur, lui qui avait su transcender les considérations d’âge et de statut pour pouvoir se mettre au niveau de tout le monde.

Tout le monde lui murmurait à l’oreille : le berger venu au marché de Niamana pour vendre un taurillon ; les jeunes mariés auxquels il apportait les conseils du patriarche ; les experts économistes qui savaient qu’ils parlaient à un connaisseur des plus avertis ; les Chefs d’Etat convaincus qu’en lui ils tenaient un collaborateur d’exception. Il aura tout arbitré, des querelles de villages aux crispations identitaires, des problèmes de postes aux querelles conjugales, des préoccupations de carrières aux questions macroéconomiques.

Entre notes de conjonctures, réunions techniques ou politiques, toujours avec le sourire et le bon mot, le travail aura été sa vie, toute sa vie. Un homme irremplaçable, tant par le sens de l’humour qu’il possédait que par la qualité du point de vue qu’il pouvait donner sur presque tout.

Il s’en va par un temps de redoutable gravité. Non pas parce qu’il a choisi de fuir mais parce que chacun d’entre nous a un couloir et un temps qu’il ne peut proroger. Adieu grand frère, adieu « Président »! Sans mots devant le vide que tu laisses, mais un grand mot pour ce que fut ton apport et c’est : merci.

Adam Thiam

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