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Présidentielle en Algérie : Abdelmadjid Tebboune élu au premier tour, avec 58,15 %

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Le candidat Abdelmadjid Tebboune est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle du jeudi 12 décembre avec 58,15% des voix, a annoncé l’Autorité nationale indépendant des élections (ANIE).

L’instance chargée d’organiser l’élection a dévoilé ce vendredi les résultats du premier tour : Abdelmadjid Tebboune devance largement ses concurrents en remportant quelque 58,15% des suffrages exprimés. Suivent, dans l’ordre Abdelkader Bengrina (17,38 %), Ali Benflis (10,55%), Azzedine Mihoubi (7,26%) et enfin Abdelaziz Belaid, avec 6,66%.

Biographie du Président élu 

Enfance et études

Abdelmadjid Tebboune est issu d’une famille originaire de la commune de Boussemghoun dans la wilaya d’El-Bayadh1.

Il est diplômé de l’École nationale d’administration (Algérie), 2e promotion « Larbi Ben M’Hidi » de 1969, section économique et financière2.

Il commence sa carrière en 1969 comme administrateur stagiaire3, puis administrateur en 19724 dans la wilaya de la Saoura.

Carrière politique

Wali

Il entame sa carrière politique en 1975 en tant que secrétaire général (sous-préfet) de la wilaya de Djelfa5 avant qu’il soit muté en 1977 au même poste6 à la wilaya d’Adrar, puis à la wilaya de Batna en 1979, et à la wilaya de M’Sila en 1982.

De 1983 à 1989, Abdelmadjid Tebboune occupe le poste de wali (préfet) dans plusieurs wilayas : Adrar7Tiaret8 et Tizi-Ouzou9.

Ministre

En juin 1991, il devient ministre délégué chargé des Collectivités locales auprès du ministre de l’Intérieur, dans le gouvernement Ghozali I10. Il quitte le gouvernement en 1992.

Il sera rappelé par le président Abdelaziz Bouteflika en 1999 au poste du ministre de la Communication et de la Culture11 dans le gouvernement Benbitour, portefeuille qu’il n’occupera que 6 mois avant qu’il soit rappelé une 2e fois au poste de ministre délégué chargé des Collectivités locales12 pour le remaniement des walis.

En 2001, le président le nomme au poste de ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme13 au sein du gouvernement Benflis II, dernier poste occupé jusqu’en 2002.

Il a représenté le président Bouteflika dans plusieurs missions à l’étranger (en Iran, en Syrie) après son départ du gouvernement[réf. nécessaire]. À cette époque, il a été cité dans l’affaire Khalifa14.

Le 3 septembre 2012, il est nommé ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme15 dans le Gouvernement Sellal I.

Il est ensuite nommé ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville dans les gouvernements Sellal IISellal III, et Sellal IV.

Le 19 janvier 2017, après la maladie puis la mort de Bakhti Belaïb, il est nommé ministre du Commerce à titre intérimaire16.

Premier ministre (2017)

Le 24 mai 2017, considéré comme un proche du chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah17, il est nommé Premier ministre, succédant ainsi à Abdelmalek Sellal, qui était à la tête du gouvernement depuis 201218. Le reste du gouvernement est nommé le 25 mai 201719, lorsqu’il prend ses fonctions.

Le 15 août 2017, il est remplacé par l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia20. Sa volonté de restreindre les importations, de lutter contre la corruption, en mettant en place une inspection générale au sein de la primature et en chargeant ses ministres de « faire le point au sujet des marchés publics » passés par l’ancien gouvernement21, et, selon la présidence, son « harcèlement contre les hommes d’affaires » sont évoqués pour expliquer son limogeage22. En juillet, le gouvernement avait ainsi adressé une série de mises en demeure à plusieurs grandes entreprises algériennes ou étrangères adjudicataires de gros marchés publics d’infrastructure, menaçant de résilier les contrats pour les chantiers en retard. Parmi ces entreprises figurait notamment ETHB, une entreprise des travaux routiers, hydrauliques et bâtiments, propriété d’Ali Haddad, chef du Forum des chefs d’entreprises (FCE), organisation patronale, et proche de Saïd Bouteflika, frère du chef de l’État23. Ces mesures lui ont néanmoins valu de bénéficier d’une popularité auprès de l’opinion publique24.

Élection présidentielle de 2019

Le 26 septembre 2019, il fait acte de candidature à l’élection présidentielle algérienne de 201925. Celle-ci a été contestée le lendemain par les manifestants du Hirak26. Se présentant comme le « candidat du peuple », il affirme que les revendications du Hirak ne peuvent être satisfaites « sans un président élu et légitime ». Il promet aussi une réforme de la Constitution et de la loi électorale, de même qu’instaurer la « démocratie véritable » au niveau local, provincial et national27. Cependant, il est accusé par ses détracteurs d’être le « candidat de l’armée » et d’être mêlé à l’affaire Khalifa, dans laquelle il est cité. Il se dit favorable à la réouverture du dossier28. À l’approche du scrutin, il perd son statut de favori, Azzedine Mihoubi ayant reçu le soutien de nombreux proches du régime29.

En octobre 2019, s’ouvre le procès de son fils Khaled, en prison depuis le 20 juin 2018, dans le cadre de l’affaire de la saisie, dans le port d’Oran, de 701 kg de cocaïne30.

En novembre 2019, peu avant l’ouverture de la campagne électorale, il fait face à la démission de son directeur de campagne, et de la révélation par le journal Ennahar, réputé proche du pouvoir, de ses liens avec l’homme d’affaires Omar Aliat, actuellement en prison31.

Lors de la campagne électorale, l’une de ses principales promesses est la récupération, par l’État, des prêts contractés par des entreprises et jamais remboursés aux banques étatiques. Il affirme aussi avoir un plan pour convaincre les pays occidentaux d’aider l’Algérie à récupérer l’argent des détournements.

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