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Municipales à Paris: Agnès Buzyn candidate en remplacement de Benjamin Griveaux

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La ministre de la Santé Agnès Buzyn est désignée candidate LaRem à la Mairie de Paris, en remplacement de Benjamin Griveaux. Antoine Gyori/Corbis via Getty Images

La ministre de la Santé a finalement été choisie ce dimanche 16 février pour remplacer Benjamin Griveaux. Elle a quitté le gouvernement et Emmanuel Macron a nommé Olivier Véran à sa place au ministère.

Elle n’y va pas à reculons. « J’ai déposé ma candidature pour cette élection à la mairie de Paris, a déclaré Agnès Buzyn à la presse ce dimanche. J’y vais avec cœur, avec engagement, avec sérieux, avec détermination. J’y vais pour gagner. J’ai toujours vécu dans cette ville, j’y suis née, j’y ai travaillé, j’y ai élevé mes enfants : je la connais. »

Depuis 48 heures, le nom d’Agnès Buzyn revenait avec insistance. La ministre avait pourtant semblé exclure la possibilité de remplacer Benjamin Griveaux. Elle était top occupée par sa mission à la tête de son ministère de la Santé en pleine épidémie du coronavirus, avançait-elle alors.

Mais Agnès Buzyn a finalement cédé aux demandes répétées et insistantes de la direction d’En Marche pour laquelle elle faisait figure de candidate idéale. C’est une femme, un poids lourd du gouvernement. Issue de la société civile, elle incarne donc les valeurs du parti présidentiel.

Ce choix est donc celui du combat : il signifie que LaREM entend ne rien lâcher à Paris en envoyant l’une de ses figures de proue pour relever le gant face à Anne Hidalgo et Rachida Dati.

Un défi pour une ministre issue de la société civile

Agnès Buzyn, c’est l’exemple même de ces ministres qu’Emmanuel Macron est allé chercher dans la société civile pour leurs compétences. Ces ministres qui devaient l’aider à renouveler les pratiques politiques, à construire le « Nouveau monde » dont il avait fait son thème de campagne présidentielle.

Agnès Buzyn a 58 ans. Médecin, spécialiste d’hématologie et d’immunologie, elle a exercé à l’hôpital Necker à Paris. Elle a été nommée à la tête de plusieurs organismes comme l’institut national du cancer ou la haute autorité de santé, avant de devenir ministre en 2017.

Un parcours de bonne élève qui a pris goût à la politique. Depuis son entrée au gouvernement, elle s’est petit à petit affirmée, jusqu’à devenir l’une des figures de proue de l’équipe d’Édouard Philippe.

Agnès Buzyn aurait dû être au banc des ministres lors du débat parlementaire sur le projet de réformes des retraites. Elle était en première ligne de la lutte contre l’épidémie de Coronavirus.

Jamais élue, elle va donc faire son entrée dans le grand bain électoral après une crise avec un défi de taille : sauver l’honneur du parti d’Emmanuel Macron à Paris.

Déjà pressentie pour les élections européennes

Agnès Buzyn avait déjà été l’une des personnalités envisagées pour conduire la liste aux élections européennes. Il était aussi question avant l’affaire Griveaux qu’elle se présente dans le 15e arrondissement de Paris. La ministre de la Santé sera finalement tête de liste et compte se consacrer pleinement à cette campagne électorale.

Agnès Buzyn n’a d’ailleurs pas tardé à l’annoncer : elle remettra sa démission à Édouard Philippe dès ce dimanche soir. « Ce ministère a besoin d’un engagement plein et entier dans la période actuelle. […] J’ai donc décidé de remettre ma démission au président de la République et au Premier ministre dès ce soir et je sais que ce ministère est préparé. Ils sauront trouver un successeur qui prendra en main ces sujets d’importance. »

Une campagne au pied levé, dans des circonstances de crise. Un vrai défi pour une femme qui n’a jamais été élue.

Nomination « inexplicable »

Pour remplacer Agnès Buzyn, le président Emmanuel macron a nommé le député et médecin Olivier Véran, dès ce dimanche en début de soirée, à la tête du ministère de la Santé.

Pour Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUF), « c’est une très grande surpriseJe ne pensais pas que la déstabilisation politique irait jusqu’à ce point de faire tomber non seulement un candidat de la mairie de Paris, mais aussi un ministre de la Santé alors que nous sommes en pleine crise du coronavirus, a déploré le médecin. On ne quitte pas le navire quand on est commandant d’un bateau dans la tempête d’une épidémie. En plus de cela, elle a le dossier des retraites. Donc qui va reprendre le dossier des retraites ? On ne sait pas. Et puis, il y a la crise dans les hôpitaux qui est quand même un sujet majeur. Et là elle s’en va pour conquérir une mairie. »

« Moi, je ne comprends pas, honnêtement, je ne comprends pas, a encore lancé Patrick Pelloux. Il faut tout reprendre à zéro, c’est-à-dire que là, il va y avoir un nouveau ministre, une nouvelle équipe. Il va falloir reprendre des dossiers, c’est très compliqué. Et là, il y a des décisions sur la crise du coronavirus qui sont quand même conséquentes. Il faut avoir un dialogue. »

Avec la nomination d’un nouveau ministre de la Santé, « il faut tout reprendre à zéro, se désole Patrick Pelloux. Dès que vous avez un ministre, le ministre il veut mettre son empreinte, il va avoir une implication dans les dossiers qui va être différente parce que c’est quelqu’un de différent. Et le parcours d’Olivier Véran politique est différent de celui d’Agnès Buzyn. Donc il faut que l’on refasse tout. Enfin, c’est incompréhensible. »

 

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